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Maisons à 1 euro

Valeria Genesio
March 5, 2026

Une étude de l'ISTAT réalisée il y a quelques années a mis en lumière un aspect pertinent des dynamiques démographiques en Italie, à savoir comment une grande partie de la population vit dans les villes et comment ce processus de migration vers les grands centres urbains est inexorable.

Aujourd'hui, environ un tiers de la population vit dans de très grandes villes, 42 % dans des villes de taille moyenne, et seulement environ un quart dans de petites localités de moins de 5 000 habitants, qui représentent pourtant 72 % de la superficie de notre péninsule.

Le phénomène de dépopulation des petites villes et villages a atteint un tel niveau que de nombreux petits centres « meurent » faute de résidents : s'inspirant de ce qui avait été fait en Espagne par le passé, de nombreuses petites municipalités italiennes ont donc expérimenté la formule de la « Maison à 1 euro » comme solution pour lutter contre cette tendance démographique.

Le patrimoine culturel des villages italiens abandonnés et les mesures de redressement

Plus de la moitié du territoire italien est composée de villages, de parcs naturels et de zones protégées. Comme mentionné précédemment, ce patrimoine environnemental, archéologique et historico-culturel souffre aujourd'hui de la tendance démographique négative, avec une population qui fuit de plus en plus vers les grandes villes : les régions italiennes les plus touchées sont celles des Apennins, en particulier la Toscane, le Piémont, la Ligurie, la Calabre, la Basilicate, les Abruzzes, le Molise, le Frioul-Vénétie Julienne, la Sicile et la Sardaigne. Les petites municipalités du nord de l'Italie, et notamment des Alpes, résistent mieux, grâce à leur économie de col organisée autour des stations touristiques de montagne et des activités de ski.

Les villages italiens des Apennins — longtemps sous-estimés — ont en effet souffert de rénovations bâclées, de campagnes de « modernisation » qui ont souvent occulté des sites archéologiques entiers, et de la privatisation d'espaces publics.

C'est dans ce contexte que s'inscrit le Plan national des Bourgs, qui se concentrera sur des projets de régénération culturelle, sociale et économique d'environ 250 villages italiens. Les interventions porteront sur les infrastructures et les services dans les domaines culturel, touristique, social et de la recherche, notamment de nouvelles écoles ou académies d'arts et métiers, des hôtels diffus, de nouvelles formes de tourisme non saisonnier et non invasif, des centres de recherche et des campus universitaires, ainsi que des résidences de soins assistés (RSA).

Le Plan national des Bourgs bénéficiera d'environ un milliard d'euros du PNRR, destiné à intervenir en particulier dans les villages à fort potentiel touristique et dans des contextes potentiellement dynamiques, dans le but d'inverser la tendance migratoire et d'encourager le retour des jeunes en particulier, ce qui donnera une impulsion au tourisme et au développement économique susceptible d'attirer d'autres habitants.

L'initiative des maisons à 1 euro

Parmi les autres stratégies visant à inverser la tendance à la dépopulation des villages italiens, l'initiative des maisons proposées et/ou vendues à 1 euro, ou du moins à des prix symboliques, a récemment suscité une grande attention médiatique.

En effet, de nombreux citoyens se retrouvent souvent propriétaires de biens immobiliers éloignés de leur lieu de résidence et de travail, pour lesquels ils n'ont aucun intérêt à conserver la propriété ou à en faire usage : dans ce contexte, l'immobilier représente pour eux plutôt un coût fixe, parfois même considérable, dont ils se passeraient volontiers.

C'est dans ce contexte que s'inscrivent les initiatives de maisons à 1 euro, promues directement par les municipalités, dans le but de repeupler ces très petites localités : le mécanisme prévoit que celui qui achète au prix réduit doit avant tout prendre en charge tous les frais de transfert de propriété et, une fois devenu propriétaire, s'engager à rénover la maison, avec les garanties appropriées, et à l'habiter dans un délai maximum de deux à trois ans, afin de relancer l'économie locale, en commençant par le secteur de la construction, et d'éviter que de plus en plus de localités ne se vident inexorablement dans quelques années.

Comment fonctionne l'achat de maisons à 1 euro ?

Les propriétaires des biens, s'ils ne peuvent pas procéder de manière autonome et/ou par l'intermédiaire d'agences immobilières (qui refusent souvent de les commercialiser), confient le bien à la municipalité pour le vendre au prix symbolique de 1 euro.

L'administration municipale, qui a intérêt au repeuplement de la commune, promeut le projet et se porte garante de la régularité de la vente, qui se déroule toujours entre particuliers. Il existe bien entendu des engagements que l'acheteur doit garantir, tels que :

Élaborer un projet de rénovation du bien dans un délai fixé par la municipalité, généralement un an à compter de la date d'achat.Prendre en charge tous les frais notariaux d'enregistrement, les mutations cadastrales, les éventuelles régularisations et certifications et, si nécessaire, les nouveaux dépôts.Commencer les travaux de rénovation dans le délai fixé par la municipalité.Fournir des garanties de cautionnement pour assurer l'achèvement et la bonne exécution des travaux par l'acheteur.

Cette procédure est évidemment ouverte non seulement aux citoyens italiens, mais aussi à tous les ressortissants étrangers qui, en vertu des accords entre leur gouvernement et l'État italien, peuvent acquérir des biens immobiliers en Italie.

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